Inspiration 3.22.17

La nuit
Un cri s’évanouit
Des larmes retenues
Une colère enfouie
Ressurgie
Mais s’évapore encore

Les sons d’ailleurs
Des mots du cœur, d’un autre cœur
Et toute la puissance, le réconfort
Effleurement de la douleur
Des touches de douceur
Et panser
Penser à effacer la tristesse
Dans ce geste de tendresse

Blaise Cendrars, Crépitements

Quelques vers de Blaise Cendrars en ce samedi non ensoleillé
Et Au cœur du monde, des Crépitements

Les arcencilesques dissonances de la Tour dans sa télégraphie sans fil
Midi
Minuit
On se dit merde de tous les coins de l’univers

Étincelles
Jaune de chrome
On est en contact
De tous les côtés les transatlantiques s’approchent
S’éloignent
Toutes les montres sont mises à l’heure
Et les cloches sonnent
Paris-Midi annonce qu’un professeur allemand a été mangé par les cannibales au Congo
C’est bien fait
L’Intransigeant ce soir publie des vers pour cartes postales
C’est idiot quand tous les astrologues cambriolent les étoiles
On n’y voit plus
J’interroge le ciel
L’Institut Météorologique annonce du mauvais temps
Il n’y a pas de futurisme
Il n’y a pas de simultanéité
Bodin a brûlé toutes les sorcières
Il n’y a rien
Il n’y a plus d’horoscopes et il faut travailler
Je suis inquiet
L’Esprit
Je vais partir en voyage
Et j’envoie ce poème dépouillé à mon ami R…

Et vous envoie mes douces pensées.

Jean-Pierre Siméon, La poésie sauvera le monde

« La poésie sauvera le monde, si rien ne le sauve. »
Phrase de début et de fin du livre.

Silence.
Repenser aux mots de Jean-Pierre Siméon.
Silence.
Quelques bribes me reviennent et avec elles quelques réactions sans en choisir une seule.
Mon regard se pose ailleurs… dehors : dernières lueurs du soleil, ciel bleuté et rosé, contraste des phares des automobiles.
Et je me perds, m’égare… ou si peu.
Pause.
La poésie et son éveil, son réveil au monde imaginaire ; l’évasion, bien sûr, vers le beau, la beauté de chaque chose, de chaque être, elle nous tend vers tout cela.
S’éloigner d’elle c’est appauvrir son esprit, son âme, c’est… dommage.
Tant de vers à faire palpiter le cœur, frétiller les pensées, à aimer.
Inspiration.
Au-delà des rimes, il y a tout une composition, une écriture, un langage, une langue même, dans un poème. Richesse d’une culture à sauver, sauvegarder.
On perd le fil, on se perd ; on s’égare sans un regard ou dans tous ces regards ; on sait sans savoir, sans voir le vrai, le véritable monde qui nous entoure. Et ces écrans qui nous mettent à cran…
Pause. Silence.
Le temps, les temps vont trop vite : à chacun de ralentir.
Et toujours ce dehors où, à présent, les lumières artificielles scintillent et restent les seules couleurs visibles face au noir de la nuit.
Se laisser porter dans l’air du temps ou vaguer, voguer sur ses propres mers. Le choix s’offre à nous et la décision n’appartient qu’à nous.

Il y a des livres d’une telle puissance qu’ils méritent d’être lus.
Celui-ci aurait pu rester sans mon ressenti, comme bien d’autres, mais je ne le pouvais pas.
Ainsi, mon « avis » est ce qu’il est.