Henning Mankell, Sable mouvant, fragments de vie

Eléonore,

J’ai piqué le livre dans votre pile à lire, un peu au hasard, un peu par curiosité. Je n’ai rien lu de Mankell, j’ai juste entendu parler de ses romans, vu quelques images d’une série TV tirée de son œuvre.

Henning Mankell ne ment pas. Il s’agit bien de fragments de sa vie dans Sable mouvant, mais enrichi de réflexions intéressantes. Quelques heures après avoir refermé ce livre, et dans la perspective de cette chronique, quelques axes forts me viennent à l’esprit.

L’errance, ou l’itinérance ?
Il en est qui voyagent dans leurs têtes, et d’autres qui sillonnent le monde. Mankell est de ceux qui bougent. De ses seize ans à la fin de sa vie, il n’en finit pas de voyager, pour travailler, pour voir, ou pour rien… Peut-être un atavisme Viking ?

Mankell et la peur.
Il la maîtrise tant bien que mal, vit avec. Il n’y a pas de suspense, son cancer n’est pas guérissable. La peur de la mort, de l’inconnu, de la souffrance annoncée s’empare de Henning Mankell comme de tout autre dans les mêmes circonstances. Pas d’apitoiement sur soi, des mots simples. Il ne croit pas à la vie après la mort, mais cela n’est pas un obstacle à une réflexion spirituelle, philosophique.

Mankell et le temps
Est-ce une constante dans son œuvre ? Je l’ignore. Il nous livre d’intéressantes réflexions sur le temps long, celui qui sépare les premières peintures humaines de la prochaine glaciation. Les projets d’enfouissement de déchets radioactifs pour cent-mille ans lui font poser la question de la mémoire, de la transmission.

Mankell et la violence
Elle revient régulièrement au cours de sa vie. Il en est témoin aussi bien en Afrique qu’en Europe, il l’a rencontrée à maintes reprises et j’imagine qu’on doit la retrouver tout au long de ses romans et pièces ?

Que me reste-t-il, que me restera-t-il, de cette lecture ? L’envie de lire au moins un de ses romans, sans doute. En avez-vous un à me conseiller ? L’idée aussi qu’un jour j’en passerai par les mêmes peurs, sans doute pour les mêmes raisons, et que je devrai moi aussi (finir de) vivre avec…

Grand merci à vous, Eléonore, de m’avoir donné l’envie et la possibilité de découvrir Henning Mankell, même s’il peut paraître étrange de faire sa connaissance par ce livre…

Luc

3 réflexions sur “Henning Mankell, Sable mouvant, fragments de vie

  1. Son personnage récurrent, Kurt Wallander, est bien à son image. On le voit vieillir au fil des romans successifs, et décrire son pays d’une manière assez désabusée.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s