Michel Ragon

Chère Éléonore,

Quelle riche idée de m’avoir offert « L’accent de ma mère » l’hiver dernier ! Je vous avais parlé de Michel Ragon, quelques mois plus tôt. C’était à l’occasion d’une de nos visites aux bibliothèques municipales de Vaulx-en-Velin. Je parcourais distraitement les rayons, pendant que vous conversiez avec vos amis bibliothécaires, et, arrivant à la lettre R, mon attention s’était portée sur « Enfance vendéenne », (Éditions Albin Michel 1994), de Michel Ragon. J’ai emprunté l’ouvrage, mais n’en ai lu que quelques pages avant de le rendre.

Souvenirs…

C’était il y a un peu plus de trente ans. Le cancer de mon père avait fini par gagner la partie, et je me retrouvais avec quelques dizaines de lettres échangées au cours de cette bataille perdue d’avance. La maladie nous avait rapprochés. Je m’étais enfin trouvé curieux d’en savoir plus sur son enfance à lui, sur son parcours de vie, dont il ne parlait que rarement à ses enfants. Promesse toujours non tenue : j’écrirai sa vie d’enfant pauvre, son parcours de chrétien engagé, dans une Vendée que je tenais à l’époque en piètre estime.

Je crois me souvenir que c’est un ou deux après que j’avais lu (je ne sais plus dans quel ordre) « Les mouchoirs rouges de Cholet » et « L’accent de ma mère », je découvrais une toute autre Vendée. Et tant de points communs entre cet auteur et l’auteur de mes jours…

J’avais alors écrit à Michel Ragon, lui demandant conseils et pistes documentaires qui pourraient m’être utiles. Il m’avait répondu, m’éconduisant gentiment : il avait en chantier trop d’ouvrages pour pouvoir me consacrer du temps. Déçu, mais quand même heureux qu’il ait pris le temps de me lire et de me répondre.

Voilà donc qu’en ce printemps 2020, grâce à vous, Éléonore, me revient le désir de reprendre l’exploration de l’œuvre de cet auteur si singulier. Et je découvre qu’il vient de mourir, discrètement, juste quelques semaines avant que je ne relise « L’accent de ma mère », le 14 février.

En matière de littérature, nous n’avons pas les mêmes goûts, et tant mieux. C’est ce qui nourrit nos discussions sur nos lectures respectives. Qui sait si malgré tout vous ne lirez pas un de ses romans ? Voici ceux que j’ai lus de lui, et qui, même trente ans après, me laissent de bons souvenirs :

Encore merci, Éléonore… Je vais sûrement relire certains de ces livres, et reprendre l’exploration de l’œuvre de ce brillant intellectuel, en m’intéressant à ses autres romans ainsi qu’à ses écrits non romanesques.

Luc

Une réflexion sur “Michel Ragon

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s