Extrait – Les délices de Tokyo, Durian Sukegawa

[…] en admirant la pleine lune qui brillait de tous ses feux. C’est à cette époque que je commençais à être « à l’écoute » du bruissement des arbres, des insectes et des oiseaux.
Les alentours luisaient d’un bleu pâle sous le clair de lune, et les arbres se balançaient, comme animés d’une volonté propre.
[…] Dès lors tout m’est apparu sous un nouveau jour. Sans moi, cette pleine lune n’existait pas. Les arbres non plus. Ni le vent. Sous le regard que j’étais, toutes les choses que je voyais disparaîtraient. C’était tout simple.
Et si ni moi ni les humains n’existions, qu’en serait-il ? Pas seulement les humains, si le monde était privé de tous les êtres doués d’émotion, qu’en serait-il ?
Ce monde quasiment infini disparaîtrait entièrement.

Durian Sukegawa, Les délices de Tokyo.
Trad. du japonais par Myriam Dartois-Ako.
Le livre de poche, p. 207 et 208.

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