Le miroir de ma mère (Marthe et Philippe Delerm) ; Une femme (Annie Ernaux)

Et la difficulté de trouver les mots.
Mon escapade de décembre où l’essentiel était ailleurs que dans les livres, où je me suis également égarée, perdue… et le retour difficile entraînant absence de lecture et d’envies littéraires.
En jachère. L’hiver et ses maux.
Je me suis tournée vers mon auteur « chouchou », Philippe Delerm, j’ai renoué avec le familier, pleine d’espoir…

Le miroir de ma mère
Récit à deux voix. La plume de Philippe se mêle à celle de Marthe.
Pour lui, pour nous, elle se remémore son enfance, ses études, sa vie de femme mariée et de mère, elle conte ses années passées à la campagne puis en ville.
La pauvreté et sa richesse des choses simples, les douleurs et les douceurs, la guerre ou comment être courageuse/eux, la famille, l’amour…
Et les souvenirs de Philippe étoffent ce passé. Il ajoute sa propre tendresse et témoigne de son affection envers sa « Maman ». D’une poésie !
Délicatesse et sérénité, la souffrance pointe à l’aube de la vieillesse, de la mort.
Récit d’une belle tempérance. Intimité dévoilée (en partie, je suppose) entre une mère et son fils. Lecture reposante où les mots effleurent le cœur.

Peu à peu le goût de lire et d’écrire est revenu, revient même si cela me semble laborieux. La Compagnie des auteurs, France Culture m’amènera vers Annie Ernaux. La place, Les armoires vides, Les années… et bien d’autres titres évoqués pour dresser le portrait de cette écrivaine et de son œuvre. De mon côté, présent sur mon étagère et absent des émissions :

Une femme
La vie de sa mère est le fil de ce récit qu’Annie ne veut pas biographique.
Le bouleversement à la mort de celle qui était « le dernier lien avec le monde dont (Annie Ernaux est) issue. »
Deux termes après ma lecture : distance, amour. Distance des corps, des esprits mis en mots, distants eux aussi. Amour en filigrane.
Une fille présente pour sa mère malgré les aléas de la vie.
Histoire à garder en mémoire. Accepter l’autre et finir par l’aimer. Veiller sur elle comme elle veilla sur nous, enfant…
Et oserai-je développer ma pensée sur cette auteure quand d’autres de ses livres viendront entre mes mains.

Écrivains d’aujourd’hui tous les deux, anciens professeurs de lettres, Annie Ernaux et Philippe Delerm, m’ont surprise par leurs livres respectifs. Elle, je l’ai découverte (enfin) et n’ai lu aucune haine ; lui, je ne le connaissais pas sous cet angle, avec tant de profondeur dans son écriture.