Incipit – Jane Eyre, Charlotte Brontë

Depuis ma présence sur la blogosphère littéraire, j’ai souvent croisé Jane Eyre de Charlotte Brontë. Cela fait cinq ans…

Je me pensais éloignée d’elles : de Jane, l’héroïne et de Charlotte, l’écrivaine. J’avais beaucoup d’a priori sur ce roman, beaucoup trop. Les avis et autres critiques sur lui : je les lisais en diagonale, bien souvent. Je me sentais presque indigne de ce classique de la littérature anglaise. Moi et mes blocages envers les classiques… tout un roman !

Puis, vint le jour, pas si lointain, où je recroise Jane Eyre chez Kathleen et là, toutes mes mauvaises impressions s’envolent ; mon cœur s’ouvre, mes yeux et mes mains sont prêts à recevoir les mots de Charlotte Brontë.
Quelques semaines plus tard, j’achète enfin ce roman et me plonge dans sa lecture aussitôt.

Impossible de se promener ce jour-là. Certes, nous avions passé une heure de la matinée à errer entre les buissons du massif d’arbustes dépouillé​s de feuilles, mais depuis le repas (quand elle ne recevait pas, Mrs. Très déjeunait tôt) le vent d’hiver coupant avait apporté avec lui des nuages si noirs et une pluie si pénétrante qu’il était maintenant hors de question de sortir à nouveau.
J’en étais ravie. Je détestais les longues promenades, surtout par ces après-midi glaciaux ; je redoutais les retours à la maison dans un crépuscule glacé, les extrémités saisies par l’onglée, peinée par les remontrances de Bessie, la bonne, humiliée de me sentir inférieure à Eliza, John et Georgiana Reed.
À cette heure, lesdits Eliza, John et Georgiana se pelotonnaient contre leur maman au salon. Étendue sur un divan à côté du feu, entourée de ses chers petits (qui, pour l’instant, ne se querellaient ni ne pleuraient), cette dernière respirait le bonheur. Quant à moi, elle m’avait dispensée de me joindre au groupe, déclarant […]

Charlotte Brontë, Jane Eyre, 2008, Folio, traduction de Dominique Jean.

Si l’ambiance y est triste, remplie de douleurs et de souffrances, les phrases m’emportent, me transportent jusqu’en Angleterre, tout près de Jane où chacun de ses sentiments, je les éprouve, où chacun de ses mots, je les approuve, où tout dans son être prouve l’erreur de mes préjugés. Une lecture qui emplit mon cœur de douceur et de tendresse, j’ai tant d’affection pour Jane…

Merci Aurélia
pour ce rendez-vous dominical
D’autres premières lignes à découvrir
sur le blog Ma Lecturothèque

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14 réflexions sur “Incipit – Jane Eyre, Charlotte Brontë

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