Jacques Prévert, ses poèmes en son hommage

Quarante ans qu’il est parti
Par Un beau matin, peut-être…

Il n’avait peur de personne
Il n’avait peur de rien
Mais un matin un beau matin
Il croit voir quelque chose
Mais il dit Ce n’est rien
Et il avait raison
Avec sa raison sans nul doute
Ce n’ était rien
Mais le matin ce même matin
Il croit entendre quelqu’un
Et il ouvrit la porte
Et il la referma en disant Personne
Et il avait raison
Avec sa raison sans nul doute
Il n’y avait personne
Mais soudain il eut peur
Et il comprit qu’Il était seul
Mais qu’Il n’était pas tout seul
Et c’est alors qu’il vit
Rien en personne devant lui

Peut-être
Est-il parti
Lors de son Déjeuner du matin

Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s’est levé
Il a mis
Son chapeau sur la tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu’il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j’ai pris
Ma tête dans ma main
Et j’ai pleuré.

Est-il vraiment parti ce matin-là ?
Je ne sais pas
Cela m’importe peu
Restent son visage et sa cigarette…
Reste surtout son Silence de vie

Je ne veux rien apprendre
Je ne veux rien comprendre ni retenir
de morte voix
Je ne veux plus entendre
ce vacarme sourd et muet de phrases et de chiffres de nombres et d’idées
Depuis longtemps déjà et même en se taisant la vie chante avec moi quelque chose de beau
Je n’entends pas votre langage
Je refuse un autre cerveau dit l’enfant
L’enfant sauvage.

Je ne sais pas
Si par ce beau matin, il est parti
Restent son ombre
Restent Les ombres

Tu es là
en face de moi
dans la lumière de l’amour
Et moi
je suis là
en face de toi
avec la musique du bonheur
Mais ton ombre
sur le mur
guette tous les instants
de mes jours
et mon ombre à moi
fait de même
épiant ta liberté
Et pourtant je t’aime
et tu m’aimes
comme on aime le jour et la vie ou l’été
Mais comme les heures qui se suivent
et ne sonnent jamais ensemble
nos deux ombres se poursuivent
comme deux chiens de la même portée
détachés de la même chaîne
mais hostiles tous deux à l’amour
uniquement fidèles à leur maître
à leur maîtresse
et qui attendent patiemment
mais tremblants de détresse
la séparation des amants
qui attendent
que notre vie s’achève
et notre amour
et que nos os leur soient jetés
pour s’en saisir
et les cacher et les enfouir
et s’enfouir en même temps
sous les cendres du désir
dans les débris du temps.

Demeurent ses traces
Ses mots résonnent
Restez Jacques !
Encore un murmure
Tout prés de vos vers…
Je m’endors

Je m’endors avec des oiseaux plein les yeux
Et je rêve d’un jardin
Mais si tes yeux sont loin des miens
Je m’endors avec des larmes plein les yeux
Et mon rêve s’appelle : chagrin.

Sur vos Sables Mouvants

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

Mer…sea

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5 réflexions sur “Jacques Prévert, ses poèmes en son hommage

  1. Pré Vert
    Pré Arc-en-ciel
    Ses mots
    Simples et Beaux
    Comme Kaléidoscope
    Comme Lumière sur Vitrail
    Comme Rosée sur Rose
    Il savait si bien dessiner les Oiseaux

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