Incipit – Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique), Tomas Espedal / Poème – Le chemin creux, Sabine Sicaud

Prendre le temps,
Prendre mon temps
Et écrire
Vous offrir dans ce même article un incipit et un poème.
Quand des mots en font résonner d’autres
Les poétiques de Sabine Sicaud font écho à ceux du premier paragraphe du roman de Tomas Espedal

Le chemin creux
Le vieux chemin creusé d’ornières ?
Il a trop plu.
Le vieux chemin de la Carrière,
Celui du vieux moulin qui ne moud plus,
Le chemin du Seigneur qui n’a plus de château,
Le chemin du Bourreau,
Le chemin de la malle-poste,
Et ceux qui les croisaient, tous les chemins herbus,
Tous les chemins pleins d’eau,
Tous les chemins perdus…
Entre les ronces hautes,
Les prunelliers, la douce-amère, les bryones,
Le vert était celui des grottes et le jaune
Celui de la mélancolie.
Même le gel craquant sous le pas des brebis
Y devient triste avant la nuit tombée.
Les chemins creux, la pluie,
Le givre gris,
Le dernier scarabée…

Prenons la route neuve
Qui sur un pont solide et neuf passe le fleuve.

Quitter Le chemin creux et Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique) dans une rue de Norvège

« Pourquoi ne pas commencer par une rue ? Une rue et un trajet que j’ai suivis presque tous les jours dans les deux sens pendant deux ans. Bjørnsonsgaten, sale et encombrée de voitures, un fantôme de rue bordée d’immeubles ouvriers, une radiale, anémiée et froide, au trottoir étroit, longeant une zone industrielle, un station-service, descendant vers Danmarksplass, le plus sombre des carrefours à feux de la ville. Un rue misérable ponctuée de traces de désolation : un arbre mourant, une masure en bois, une haie encrassée par les gaz d’échappement, la fenêtre devant laquelle elle se tient debout, ôtant son pull en coton.”

Lecture finie. Lecture mitigée du roman de Tomas Espedal. Vers la fin, j’ai pris un autre sentier : mon imagination, allant d’un mot à un autre et en laissant certains sur le bord de la route. Aucun regret. Je m’en vais Sur les chemins sacrés du Japon avec Marie-Édith Laval.

Incipit ou Premières lignes
le rendez-vous dominical de Ma Lecturothèque.
Merci à elle
Et à toutes/tous les blogueuses/blogueurs partageant
les premières lignes de leur lecture.

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2 réflexions sur “Incipit – Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique), Tomas Espedal / Poème – Le chemin creux, Sabine Sicaud

  1. Prendre des Chemins moins Empruntés
    Des Chemins de Traverse
    Des Chemins qui mènent à Rome
    Sans Frontière ni Péage
    Une forme de Pèlerinage
    Le But de la Marche
    Est dans la Démarche
    De se mettre en Marche
    Ici et Maintenant
    Jamais Arrivés 😉

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