Incipit – Souvenirs pieux, Marguerite Yourcenar

Ou les premières lignes de Souvenirs pieux, ma lecture en cours et ma première concernant Marguerite Yourcenar.

Mémoires d’Hadrien a longtemps trôné dans la bibliothèque de mes parents. Je ne l’ai jamais ouvert. Je n’étais pas assez… je ne sais pas, peut-être trop jeune, pas assez cultivée. Nombreuses sont les fois où j’ai pensé ceci à propos d’un livre. Je les lirai plus vieille, me dis-je. Assez ridicule cette idée, en y réfléchissant. Ils attendent juste des mains, des yeux et veulent juste être appréciés (ou pas), lus attentivement, éveillés l’esprit, susciter l’évasion, la curiosité, les livres veulent cela. La compréhension vient au fil des pages tournées ou une fois refermé, voire même lors d’une deuxième lecture. Ils ne méritent en aucun cas d’être éloigné, mis de côté sur un simple à priori.
En osant, je crois, j’aurais ouvert plus tôt ses Mémoires d’Hadrien et autres classiques rejetés par mes soins. Savoir s’ouvrir et ouvrir une œuvre quand nous en avons reçu une critique négative et détester une histoire quand d’autres en font l’éloge.
Si l’écrivain(e) fut ou est à l’Académie française, oser se tourner vers ses écrits. Les mots… leur façon d’être choisis, assemblés est tellement importante. L’histoire n’est rien, parfois, face au style d’écriture. Mais quand les deux excellent, vous avez entre vos mains un trésor !

Si, je n’en suis qu’au début des Souvenirs pieux de Marguerite Yourcenar, je sais combien ils sont précieux, dès le premier paragraphe, je le ressentais, je le savais :

“ L’être que j’appelle moi vint au monde un certain lundi 8 juin 1903, vers les 8 heures du matin, à Bruxelles, et naissait d’un Français appartenant à une vieille famille du Nord, et d’une Belge dont les ascendants avaient été durant quelques siècles établis à Liège, puis s’étaient fixés dans le Hainaut. La maison où se passait cet événement, puisque toute naissance en est un pour le père et la mère et quelques personnes qui leur tiennent de près, se trouvait située au numéro 193 de l’avenue Louise, et a disparu il y a une quinzaine d’années, dévorée par un building.
Ayant ainsi consigné ces quelques faits qui ne signifient rien par eux-mêmes, et qui, cependant, et pour chacun de nous, mènent plus loin que notre propre histoire et même que l’histoire tout court, je m’arrête, prise de vertige devant l’inextricable enchevêtrement d’incidents et de circonstances qui plus ou moins nous déterminent tous. ”

Incipit ou Premières lignes
le rendez-vous dominical de Ma Lecturothèque.

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