Philippe Delerm et ses ancêtres #citation

En ce lundi particulier, plus qu’une phrase, deux paragraphes, les derniers de Écrire est une enfance, autobiographie de Philippe Delerm :

« Sans doute mes ancêtres ne se posaient-ils pas la question du bonheur, ce luxe douloureux qui est tout ma quête. Ils ne choisissaient pas leur destin. Mais ils ont jour à jour, peine à peine, aboli le désert austère de Quercy pour l’aménager en lieu de vie. Qu’en était-il de leurs mots ? Ils se parlaient en patois occitan, comme mon père avant d’aller à l’école. Ils ne devaient pas écrire, et je ne fais que ça. Pourtant je les sens proches, et je suis né de leurs silences.
Ce sont mes parents qui réalisent le grand saut, quittent le monde paysan ; le travail devient la religion, et le goût de transmettre. Et puis j’arrive, avec quelque chose de tout à fait nouveau : le droit à la paresse. Sisyphe arrête sa pierre sur la pente, s’assoit dessus et regarde le spectacle. Derrière moi, assez d’élan et assez de remords pour bien savoir qu’un jour il faudra faire quelque chose de cette permission qui vient de tout sauf du hasard. J’ai mon endroit désert. Une page blanche. »

Merci à lui. Indirectement.
Merci à mes ancêtres. Indirectement.
Merci à tous ces absents. Indirectement.

Et « derrière moi, assez d’élan et assez de torts pour bien savoir qu’un jour il faudra faire quelque chose… ».
Le jour semble être arrivé. Il est temps, grand temps pour moi de faire !

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